FAQ
Est-ce que Emmaüs défend des idées politiques ?
Respectant les convictions de tous ceux qui s’engagent à ses côtés, Emmaüs refuse toute prise de position partisane. Par contre, nous ne pouvons rester silencieux devant les injustices, le non-droit et la mise à l’écart d’un nombre croissant de personnes en France et dans le monde. Par notre action, nous voulons montrer qu’il est possible de donner priorité à l’homme et non à la compétition ou à l’argent-roi. Modestement, nous faisons ainsi preuve d’un engagement citoyen dans la société. Cela aussi c’est faire de la politique.
Emmaüs : société ? communauté ? association ? Fondation ? O.N.G. ?
Emmaüs comprend toutes ces composantes et même plus! Les communautés ont une base associative. Un parc H.L.M. est géré en société anonyme. Des financements pour le logement sont recherchés avec la Fondation Abbé Pierre. Emmaüs International est une O.N.G. avec statut consultatif auprès de l’O.N.U. Le mouvement inventera sans doute autre chose dans l’avenir, comme il l’a déjà fait avec les entreprises d’insertion ou à but social.
Emmaüs : c’est pas un peu catho ?
L’Abbé Pierre a accueilli un premier compagnon en 1949 : il avait appelé sa première maison de Neuilly-Plaisance « Emmaüs » en référence au texte de l’évengile de Luc où après la mort du Christ, deux de ses amis, désorientés, retrouvent espoir après le partage du pain.
Le mouvement garde bien sûr cette inspiration évangélique dans une pratique quotidienne de partage, mais le mouvement est laïque, respectant les convictions de tous ceux qui s’y engagent.
Quelle est la moyenne d’âge des compagnons ?
On peut plutôt indiquer que toutes les classes d’âge sont accueillies, des plus jeunes aux plus anciens : il y a des retraités dans les communautés. Ce qui est préoccupant, c’est le nombre croissant des jeunes qui frappent à la porte et pour lesquels il est difficile de trouver des solutions : ce phénomène montre le déréglement de la société contemporaine qui ne permet plus aux parents d’assumer leur rôle éducatif, à l’école de préparer les jeunes, à l’entreprise de donner sa chance à chacun. C’est pourquoi Emmaüs, en partenariat, a créé des accueils spécifiques pour les jeunes, des entreprises d’insertion par exemple.
Et moi, à mon niveau, qu’est-ce que je peux faire ?
Donner des objets usagés ou non, reste une aide concrète incontournable. Nous avons besoin aussi d’ « amis » pour coordonner et animer, gérer nos associations, partager notre travail et notre réflexion, nous aider avec leurs compétences, défendre avec nous la situation des plus faibles auprès des pouvoirs publics ou du grand public. Il y a du pain sur la planche!
Ca vaut vraiment le coup que je vous apporte ma vieille machine à écrire ?
Bien sûr! Elle nous permettra peut-être avec ses pièces d’en réparer une autre, ou de faire plaisir à un détenu, d’équiper un écrivain public africain, ou fera le bonheur d’un collectionneur.
Des familles surendéttées font appel à vous, vous payez leurs dettes ?
Non, nous avançons l’argent aux créanciers, la famille nous remboursera sur la base d’un contrat qui prend en compte ses possibilités. Cet aspect éducatif est la base des solidarités futures entre les familles… Ce travail se fait au sein d’associations spécifiques appelées « S.O.S. Familles »; il y en a une quarantaine en France… dont le fonds de roulement est financé par le travail des communautés.
D’où vient l’argent, quel usage en faites-vous ?
Depuis cinquante ans, les gens ne cessent de nous donner des objets dont ils ne se servent plus ou qu’ils ne veulent pas mettre à la destruction car ils savent que nous les récupérons ou que nous en récupérons les matières premières. Ce travail de fourmi nous permet de vendre à petits prix ou de donner des objets, en France ou à l’étranger. L’argent gagné, ce sont les ressources des compagnons.
Autant d’économies pour le budget social de la nation, mais aussi toutes sortes d’aides financières au sein d’Emmaüs, ou en partenariat avec d’autres associations, sur des objets précis ou des soutiens à plus long terme.
Un exemple, les communautés transportent plusieurs fois par an depuis 1992 des vivres des meubles vers la Bosnie , et financement en propre tout cela.
Comment devient-on compagnon d’Emmaüs ?
On ne choisit pas de devenir compagnon; les routes sont variées : désespoir, solitude, rupture familiale, chômage, peuvent conduire à une perte de repères, à la vie dans la rue, puis vers une communauté. Au bout de quelque temps, nombre de compagnons, ayant trouvé sens à leur existence, souhaitent rester en communauté pour aider à leur tour : on peut dire alors qu’ils font un choix!
Ensuite, la personne est assistée ?
Dans le cadre communautaire s’instaure un échange où le travail de tous procure à chacun des ressources pour vivre (allocations et pestations en nature) : nous ne sommes donc pas dans l’assistance mais dans l’échange, le don et le service du plus faible. On peut aussi apprendre et se former en communauté, préparer un retour à l’emploi salarié, chercher un logement à l’extérieur…
On parle toujours des compagnons; il n’y a pas de femmes ?
Une majorité de communautés est composée d’hommes seuls car des structures de l’action sociale existent depuis longtemps pour celles-ci. Cependant des communautés accueillent aussi des femmes, des couples et même des familles, car aujourd’hui l’action sociale est débordée et ne trouve pas forcément des solutions adaptées aux situations des gens. Ce sont des travailleurs sociaux qui appellent Emmaüs.
Je réside en Ile-de-France, comment trouver le groupe Emmaüs le plus proche de mon domicile ?
Tous les groupes Emmaüs de l’Ile-de-France sont maintenant accessibles via un site unique : http://www.emmaus-idf.org . Sur ce site vous retrouverez les adresses et coordonnées de tous les groupes Emmaüs présents en Ile-de-France, les lieux de dépôts, les lieux d’achat ainsi que les groupes les plus à même de venir collecter à votre domicile vos dons.
